Il y a des vestes qu’on achète pour une saison et qu’on oublie au fond du dressing dès les premiers froids. Le blazer Quinn d’Anine Bing n’est pas de celles-là. Sa teinte camel, chaude et un peu poudrée, se glisse aussi bien sur un jean brut en septembre que sur une robe fine au retour des beaux jours. Vendu 650 €, il joue la carte de la pièce qu’on garde, pas celle qu’on remplace.

Laine, cachemire et une coupe qui respire

Ce qui frappe d’abord, c’est la matière. Le Quinn est taillé dans un mélange laine et cachemire double face, épais, avec ce tombé un peu lourd qui structure sans rigidifier. La veste n’est pas doublée à outrance ni renforcée de partout : Anine Bing la décrit comme non construite, et ça change tout au porter. Les épaules restent légèrement rembourrées pour tenir la ligne, mais la coupe reste ample, presque masculine.

Col cranté classique, fermeture simple boutonnage à deux boutons, une poche passepoilée sur la poitrine et deux poches à rabat sur les hanches. Rien de tapageur. C’est la définition même du blazer oversize qu’on enfile sans réfléchir, et qui donne pourtant l’impression d’avoir soigné sa tenue.

Le porter simplement, ou pas

Le camel a cet avantage rare : il s’entend avec presque tout. Sur un tee-shirt blanc et un jean droit, le Quinn transforme instantanément une allure du dimanche en silhouette de bureau. En version plus habillée, il se pose sur un pull fin et un pantalon de tailleur ton sur ton, dans les beiges et les cafés qu’on a beaucoup vus cette rentrée.

Pour celles qui aiment casser la mesure, il fonctionne aussi par-dessus une robe midi et des bottes, manches remontées, épaules qui glissent un peu. La coupe ample laisse de la place pour un gros pull en plein hiver, ce qui en fait une veste mi-saison qui tient largement jusqu’au manteau.

Anine Bing, le vestiaire sans chichis

Derrière la marque, il y a une idée assez constante : un vestiaire épuré, un brin rock, pensé pour durer plutôt que pour suivre la tendance du moment. La créatrice danoise installée à Los Angeles décline depuis des années les mêmes basiques travaillés, blazers en tête, avec cette esthétique entre le studio de répète et le café de quartier chic.

Le Quinn coche exactement cette case. Il n’invente rien, il ne cherche pas à surprendre, et c’est précisément ce qui le rend rassurant. À 650 €, on paie surtout la matière et la promesse de le garder longtemps. Reste à voir si le camel tient la route dans le temps, mais sur le papier, c’est le genre de veste qu’on ressort chaque année sans se lasser.

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Crédit photo : Anine Bing

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