Il y a des blousons qu’on repère à dix mètres parce qu’ils brillent trop, et d’autres qui gardent leur secret. L’Asger de Nanushka fait partie de la seconde catégorie. À 795 euros, ce blouson rembourré ressemble à du cuir, tombe comme du cuir, sauf qu’il n’y en a pas un gramme. Col chemise, fermeture zippée, bas élastiqué : la coupe reste sobre. Et le coloris muted khaki, ce vert-gris un peu poussiéreux, achève de le rendre facile à vivre.

Du cuir sans la vache

La matière, c’est tout l’argument. Nanushka l’appelle l’Okobor, son alt-cuir maison, développé en interne comme alternative au cuir animal. Sur le papier ça sonne comme un gadget marketing, dans les faits c’est un tissu à la composition assez claire : 56 % de polyester recyclé, 44 % de polyuréthane. Le polyester vient de bouteilles en PET récupérées après usage, certifiées GRS, tissées pour donner ce rendu suédé un peu mat.

Le résultat est souple, ne craque pas, et ne demande à personne de choisir entre l’allure du cuir et le fait de ne pas en porter. C’est vegan, c’est assumé, et ça n’a rien d’un pis-aller.

Rembourré, mais pas un cocon

La coupe évite le piège de la doudoune informe. L’Asger pioche du côté du vestiaire sport, avec un garnissage en duvet recyclé qui réchauffe sans transformer la silhouette en marshmallow. Les manches arrondies et la taille resserrée donnent ce petit volume de blouson, sans jamais basculer dans le sac de couchage. On reste sur une pièce structurée, qui se ferme haut et se porte aussi bien sur un jean brut que sur un pantalon fluide.

Le muted khaki fait le gros du travail côté associations : il s’accorde au camel, au chocolat, au noir, et pardonne les fautes de goût du matin. Pour l’entre-saison puis les vrais froids, c’est le genre de pièce qu’on enfile sans réfléchir.

L’esprit Nanushka

Pour ceux qui la croisent moins, Nanushka est une maison née à Budapest qui a bâti sa réputation sur ce fameux alt-cuir et une allure bohème un peu léchée. La marque a fait du refus du cuir animal une signature plutôt qu’une contrainte, et l’Asger en est un bon résumé : une veste qu’on achète pour son allure, pas pour cocher une case éthique, même si la case est cochée au passage.

À 795 euros, on reste sur un tarif de créateur. Mais pour une pièce d’hiver qui remplace un blouson en cuir sans son poids sur la conscience, le calcul se tient. Reste à voir comment le matelassage vieillit, la promesse est là en tout cas.

^^

Crédit photo : Nanushka

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