Il y a des manteaux qu’on garde dix ans et d’autres qu’on regrette dès la première pluie. Le Paradise, que Sessùn glisse dans sa collection Automne-Hiver 2026, appartient clairement à la première famille. Coupe droite, longueur mi-cuisse, col montant qui remonte jusqu’aux oreilles quand il fait frais : c’est le genre de pièce qu’on enfile sans réfléchir un matin de novembre, et qu’on ne quitte plus. Le coloris ébène, ce brun profond presque chocolat, fait le reste. Compté à 295 €, il se place pile là où on attend un vrai manteau de laine, ni bradé ni hors de portée.
Une laine tissée en Italie
Le Paradise est taillé dans un drap de laine tissé en Italie, et ça se voit tout de suite sur la photo : la matière a du corps, elle tient l’épaule sans casser. Le col montant se ferme haut, façon petit cocon quand le vent se lève, et la ligne d’énormes boutons foncés donne un côté un peu vestiaire masculin qui casse la sagesse de la coupe. Les poches plaquées, larges et posées bas, ajoutent ce détail utilitaire qu’on aime dans un manteau du quotidien. Rien de tape-à-l’œil ici, juste une pièce bien pensée qui mise sur la qualité du tissu plutôt que sur l’effet.
Comment le porter tout l’automne
C’est là que le Paradise devient malin. Sur la silhouette de présentation, il coiffe un gros pull col roulé ton sur ton, dans les mêmes bruns tièdes, et le résultat est d’une douceur folle. Vous pouvez aussi jouer le contraste : un jean brut, des bottines noires, un tee-shirt blanc qui dépasse, et le brun ébène devient le point d’ancrage d’une tenue toute simple. La longueur mi-cuisse passe aussi bien sur un pantalon large que sur une robe fluide, ce qui en fait un compagnon d’entre-saison assez rare. En clair, on l’imagine du bureau au week-end sans changer de veste.
Sessùn, la douceur marseillaise
Derrière le Paradise, il y a Sessùn, maison marseillaise fondée par Emma François, connue pour ses coupes féminines et ses matières naturelles travaillées sans esbroufe. La collection Automne-Hiver 2026, baptisée Atelier Drapier, tire justement son inspiration du monde des drapiers et de leurs ateliers, ce qui explique ce soin porté aux lainages. On retrouve la patte de la marque : des pièces qui vieillissent bien, un vestiaire pensé pour durer plutôt que pour un seul post.
Alors oui, un manteau brun n’a rien de spectaculaire sur le papier. Mais c’est souvent ce genre de pièce qu’on finit par porter le plus. Le Paradise a la coupe, la matière et la couleur qu’il faut pour s’installer dans une garde-robe et y rester. Pour 295 €, difficile de lui reprocher grand-chose.
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Crédit photo : Sessùn

