La Mary Jane revient chaque automne, et à chaque fois c’est la même maison qu’on regarde en premier. La Kina de Carel coche toutes les cases de la babies parisienne : un velours de cuir noir profond, un bout rond légèrement pincé, un petit talon bottier et surtout trois fines brides qui barrent le cou-de-pied. Comptez 445 euros pour ce modèle que la marque considère comme son escarpin signature.

Du velours, trois brides et un talon qui reste raisonnable

Le velours de cuir change tout. Il adoucit la silhouette assez stricte de la Mary Jane et donne à la chaussure un côté feutré, mat, qui va très bien avec les couleurs sombres de la saison. Le talon bottier mesure 4 centimètres, ce qui le rend portable toute la journée sans la grimace de fin d’après-midi. On reste sur une hauteur qui redresse la posture sans transformer la marche en exercice d’équilibre.

Les trois brides, elles, ne sont pas qu’un détail de style. Chacune se règle par une petite boucle, donc le pied est vraiment maintenu, et le coup de patte se fait sur toutes les morphologies, pied fin comme cou-de-pied plus marqué. Le cuir souple fait le reste : pas de période de rodage douloureuse, la chaussure se plie dès les premiers pas.

Comment la porter sans tomber dans le costume d’écolière

Le piège de la babies, c’est de verser dans le total look sage. On l’évite facilement. Avec un jean brut un peu court qui laisse voir la cheville, la Kina casse la rigueur du denim et apporte ce petit supplément couture. Sur une jupe midi plissée ou une robe fluide, elle allonge la jambe tout en gardant les pieds au sol, au sens propre.

Les plus joueuses la glissent sous un pantalon tailleur large, avec une chaussette fine qui dépasse à peine. Le noir velours se fond dans à peu près toutes les gammes de couleurs, du camel au bordeaux en passant par le gris, donc elle trouve sa place dans un vestiaire déjà constitué sans rien forcer.

Carel, la babies comme signature

Carel dessine des souliers depuis les années 1950, et la Kina puise directement dans les premières archives de la maison. C’est ce qui lui donne cette ligne un peu rétro, ni tout à fait vintage ni franchement moderne, qui séduit autant les nostalgiques que les filles qui découvrent la marque sur les réseaux. Angèle, Alexa Chung ou Emily Ratajkowski l’ont adoptée, ce qui n’a rien gâché à sa cote.

À 445 euros, la Kina se place dans le haut du panier des souliers français, mais c’est le prix d’une chaussure qu’on garde des années et qu’on ressort chaque hiver. Pour un classique qui ne se démode pas, le calcul se tient.

^^

Crédit photo : Carel

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