Il y a des pièces qui traînent une réputation d’uniforme un peu strict, et la saharienne en fait partie. Claudie Pierlot la relit en robe courte, coupe droite, dans un kaki doux qui tire vers le vert de gris. Manches courtes, boutons foncés alignés du col à l’ourlet, surpiqûres blanches qui dessinent chaque poche : on est loin du treillis. La robe saharienne joue la ligne militaire pour mieux la désamorcer, et le résultat se porte aussi bien un mardi au bureau qu’un dimanche à la campagne. Comptez 285 euros.
Une matière qui tient la route
Le tissu, c’est du coton mélangé de lin. Deux fibres qui respirent, qui froissent un peu mais sans jamais paraître négligées, et qui donnent à la robe ce tombé légèrement rigide typique du vestiaire workwear. La coupe droite s’arrête au-dessus du genou et laisse de la place aux jambes, ce qui change des fourreaux qui rappellent à l’ordre dès qu’on s’assoit.
Le détail qui fait tout, c’est la ceinture amovible assortie. Nouée haut sur la taille, elle marque la silhouette et casse la verticalité des boutons. Retirée, la robe reprend sa ligne tunique un peu ample, presque graphique. Deux vêtements pour le prix d’un, en somme.
Le workwear qui ne se prend pas au sérieux
Ce qui sauve cette saharienne du côté déguisement, ce sont les poches. Quatre au total, plaquées, deux à la poitrine et deux à la taille, soulignées par ces fameuses surpiqûres contrastées. C’est le genre de couture qui coûte cher à bien exécuter et qui saute aux yeux quand elle est ratée. Ici, le fil blanc suit sagement chaque angle, et c’est ce contraste qui donne à la robe son petit air un peu premier de la classe des utilitaires.
Le kaki, lui, a l’avantage d’être un faux neutre. Il s’entend avec le blanc cassé, le camel, le marine, et même le bordeaux si vous avez envie de réveiller la palette d’automne. Bref, un basique qui n’en a pas l’air.
Comment la porter sans virer safari
L’écueil, avec ce genre de pièce, c’est de tout empiler dans le même registre et de finir habillée pour un reportage animalier. Le plus simple reste de trancher. Des bottines en cuir vieilli et un trench pour l’automne, ou à l’inverse des sandales plates et un panier quand il fait encore chaud. Une paire de mocassins et des chaussettes fines fonctionnent aussi très bien, avec ce léger décalage un peu sérieux qu’on aime.
Côté bijoux, on reste discret : des créoles fines, une montre à bracelet cuir, rien de plus. La robe parle déjà assez fort toute seule. À vous de voir jusqu’où vous poussez le curseur.
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Crédit photo : Claudie Pierlot

