La Chelsea boot, on la connaît par cœur : cheville, empiècements élastiques, deux languettes et basta. Ganni la prend et l’étire jusqu’au genou, lui colle une semelle grosse comme un trottoir, et d’un coup le classique anglais devient une pièce de caractère. Ces boots montantes en cuir noir coûtent 495 €, et elles ne cherchent pas à se faire oublier.
Une Chelsea qui a pris de la hauteur
Le principe de départ reste intact. On retrouve les empiècements élastiques sur les côtés, qui évitent la fermeture éclair et laissent le pied entrer sans manœuvre, plus les deux languettes de tirage pour enfiler le tout d’un geste. Sauf que la tige grimpe jusque sous le genou, en cuir lisse noir, bien droite. Ça change complètement la silhouette : on passe d’une bottine passe-partout à une vraie botte haute, celle qui structure le bas du corps et appelle une jupe ou une robe un peu courte.
Le bout est renforcé par une coque, un détail qui vient du vestiaire de chantier et qui donne ce petit air robuste sans avoir l’air déguisé. Et puis il y a la semelle, impossible à rater : une plateforme crantée épaisse, le genre de gomme qui surélève, qui accroche le sol et qui pèse un peu, aussi. Le logo Ganni, lui, reste discret. Pour une marque qui aime les clins d’œil, c’est presque de la retenue.
Avec quoi la porter sans se tromper
Le noir intégral, c’est l’avantage et la contrainte. L’avantage : ça se glisse partout, du jean brut rentré dedans au short en laine avec collants opaques. La contrainte : la semelle est tellement présente qu’elle mange un peu les silhouettes trop chargées. Le plus simple reste de laisser la botte faire le travail. Une robe fluide mi-longue, un gros pull et ces boots dessous, et la tenue tient toute seule.
Pour l’hiver qui arrive, c’est franchement pratique. La hauteur protège le mollet, la semelle crantée tient sur le pavé mouillé, et le cuir lisse s’essuie en deux secondes. On est loin de la botte précieuse qu’on range dès qu’il pleut.
L’esprit Ganni, encore une fois
Prendre une pièce ultra codée et la pousser dans ses retranchements, c’est exactement ce que fait la maison danoise depuis des années. Ici, pas de couleur vive ni de motif, juste un jeu de proportions : la tige rallongée, la plateforme exagérée, le bout renforcé. Le résultat est plus affirmé qu’une Chelsea sage, sans tomber dans la grosse botte de créateur illisible.
À 495 €, on reste sur un investissement, mais c’est le genre de paire qui traverse plusieurs hivers sans se démoder. Vous les verriez bien à vos pieds cet automne ?
^^
Crédit photo : Ganni

