Il y a des chaussures qui réclament un pantalon fluide pour exister, et d’autres qui tiennent la route toutes seules. Les DICUS de Jonak appartiennent clairement à la seconde famille. Une boot à lacets montée sur une grosse semelle crantée, taillée dans un cuir brun profond aux reflets presque bordeaux, qui a ce petit côté ranger sans tomber dans le déguisement militaire. Comptez 195 euros, un prix qui se défend vu la matière et le montage.
Un cuir qui a de la tenue
Le cuir est lisse, dense, avec cette patine qui change selon la lumière : plutôt chocolat en intérieur, nettement plus rouge dès qu’un rayon de soleil s’en mêle. Les lacets remontent jusqu’au cou-de-pied, sur une tige qui s’arrête à la cheville, et le tout repose sur une semelle épaisse à crampons. Rien de délicat là-dedans, c’est fait pour marcher et pour durer. Les tailles vont du 36 au 41, et la coupe reste assez classique, donc pas besoin de jouer aux devinettes au moment de commander.
La semelle, parlons-en, parce que c’est elle qui donne le ton. Elle surélève de quelques centimètres sans virer à la plateforme lourdingue, et surtout elle accroche vraiment quand le trottoir est mouillé. Pour un modèle qu’on va porter d’octobre à mars, c’est exactement ce qu’on demande.
Comment les porter sans se forcer
Le réflexe le plus simple, c’est le jean brut rentré dans la tige, un gros pull et une veste droite. Ça marche à tous les coups, et ça laisse le cuir faire le travail. Mais les DICUS savent aussi casser un vêtement plus sage : glissées sous une robe en maille ou une jupe midi, elles apportent ce contraste un peu brut qui empêche la silhouette de se prendre trop au sérieux.
Le brun profond a un autre avantage, il se marie avec à peu près tout : le camel, le gris, le marine, le kaki. Moins tranchant que du noir, moins salissant que du clair. C’est le genre de couleur qu’on finit par porter trois fois par semaine sans s’en rendre compte.
La patte Jonak
Jonak reste une valeur sûre du soulier parisien, avec cette recette qui consiste à prendre une silhouette un peu rude et à la rendre portable. Les DICUS cochent la case : solides, confortables, et assez neutres pour traverser plusieurs hivers sans jamais ressembler à un achat daté.
Pour celles qui cherchent une paire qui en encaisse sans faire la fine bouche, c’est un bon candidat. On les abîme un peu, elles vieillissent bien, et c’est précisément ce qu’on attend d’une bonne boot en cuir.
^^
Crédit photo : Jonak

