Il y a le carreau sage des chemises de bûcheron, et il y a celui-là. La robe Atina joue le tartan sur une maxi sans manches, dans un camaïeu de vert profond, d’aubergine et de fines lignes lilas qui traversent le tissu comme des rayures de craie. Le résultat n’a rien de bûcheron. C’est une pièce longue, fluide, un peu graphique, qui donne au motif écossais un air nettement plus habillé. Comptez 230 euros chez la maison danoise Baum und Pferdgarten.
Un carreau qui se froisse et prend la lumière
Ce qui frappe d’abord, c’est la matière. Le tissu à carreaux est légèrement gaufré, presque crêpé, et cette texture accroche la lumière au lieu de rester plate. Du coup le vert paraît plus dense par endroits, plus lumineux ailleurs, et le motif ondule dès que la robe bouge.
La coupe suit la même logique. Sans manches, la robe se resserre à la taille par un jeu de fronces, puis s’ouvre en une jupe longue qui tombe librement jusqu’aux chevilles. L’ourlet joue sur les longueurs, un peu plus court devant, plus généreux derrière, ce qui casse la ligne droite et donne du mouvement à chaque pas. Rien de rigide ici, la maxi reste souple et facile à porter.
Comment la sortir de l’automne
Sur les images de la marque, l’Atina est associée à de hautes bottes en cuir noir, et franchement l’accord fonctionne très bien. Le carreau vert et le cuir sombre se répondent sans se forcer, et la robe glisse tout de suite du côté de l’entre-saison plutôt que de l’été.
Pour l’automne, on peut aller plus loin. Un pull fin à col roulé glissé sous les emmanchures, une maille courte jetée par-dessus, et la pièce sans manches devient une robe de saison froide. Un manteau bien coupé par-dessus, des bottes hautes, et voilà une silhouette qui tient la ville comme un dîner. Côté couleurs, le vert bouteille s’entend avec le noir, le camel, le bordeaux, sans que rien ne jure.
L’écriture Baum und Pferdgarten
La griffe, fondée à Copenhague en 1999 par Rikke Baumgarten et Helle Hestehave, a bâti sa réputation sur cet écart précis, un vestiaire net à la scandinave mais toujours traversé par un imprimé qui déraille un peu. Le carreau, chez elles, n’est jamais tout à fait classique. On le retrouve décalé dans les tons, tordu dans les proportions, posé sur des coupes qui refusent la sagesse.
La robe Atina condense cette idée dans une seule pièce. Un motif que tout le monde croit connaître, et qui repart ailleurs.
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Crédit photo : Baum und Pferdgarten

