Il y a des imprimés qui refusent de suivre le calendrier. La robe Colle de Gérard Darel en fait partie : un champ de fleurs rouges et bordeaux, quelques touches de bleu et de taupe, posé sur une matière fluide qui bouge dès qu’on marche. On la croirait taillée pour juillet, sauf qu’associée à une paire de bottes hautes, elle glisse sans effort vers septembre. Comptez 225 euros pour cette pièce courte qui a du caractère et ne s’en cache pas.

Une coupe qui laisse respirer

La Colle joue la carte de l’aisance. Forme droite, bas légèrement évasé, taille empire qui remonte le regard sans marquer la silhouette : rien ne serre, tout tombe bien. Les manches courtes gardent la robe légère, et l’encolure boutonnée façon col tunisien apporte ce petit détail rétro qui change tout. Le galon de dentelle qui souligne le décolleté est discret, mais c’est lui qui fait passer la pièce du basique estival au vêtement un peu habillé.

Détail qu’on oublie souvent et qui compte pourtant : les poches, glissées dans la couture. On y range ses mains, son téléphone, et on garde cette allure tranquille de celle qui n’a pas passé la matinée à réfléchir à sa tenue.

Comment la porter quand l’été s’en va

C’est là que la robe Colle devient maligne. En plein soleil, on la porte seule, sandales plates ou espadrilles, sac en paille, et l’affaire est réglée. Dès que les températures baissent, on la superpose : un collant opaque, des bottes hautes en daim ou en cuir sombre, et pourquoi pas une veste en cuir ou un trench par-dessus. L’imprimé fleuri, plutôt que de jurer avec l’automne, réchauffe une saison qui vire au gris.

Le rouge dominant appelle des accessoires simples. Du noir, du camel, du bordeaux en rappel. Rien de compliqué, la robe fait déjà le travail.

Gérard Darel, la French touch sans démonstration

La maison parisienne cultive depuis longtemps ce vestiaire féminin qui ne crie pas. Des pièces qu’on garde, qu’on ressort d’une saison à l’autre, avec ce goût pour les imprimés bien dosés et les coupes qui vieillissent bien. La Colle s’inscrit dans cette logique : ni gadget, ni tendance jetable, juste une robe fleurie bien pensée qu’on peut porter deux étés de suite et les automnes entre les deux.

Alors oui, une robe fleurie fin août, ça peut sembler à contretemps. Mais c’est justement ce qui la rend intéressante. Elle ne referme pas l’été d’un coup sec, elle prolonge la douceur encore un peu, en attendant les manteaux. Pour un vestiaire de transition, c’est exactement ce qu’il faut.

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Crédit photo : Gérard Darel

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