Il y a des manteaux qu’on enfile pour passer inaperçue, et d’autres qu’on met en sachant très bien qu’on va se faire remarquer. Le manteau Alice de Rejina Pyo appartient clairement à la seconde famille. Un jacquard tigré beige et noir, une coupe longue et généreuse, et cette allure un peu nonchalante qui fait toute la différence. À 865 euros, ce n’est pas un achat qu’on fait à la légère, mais c’est le genre de pièce qui structure toute une saison.
Un jacquard tigré, pas juste un imprimé posé dessus
Là où beaucoup de marques se contentent d’appliquer un motif animalier sur un tissu quelconque, Rejina Pyo tisse le tigre directement dans la matière. Le dessin est en jacquard, sur une laine mélangée, ce qui donne ce relief légèrement duveteux qu’on devine sur la photo. Les rayures partent un peu dans tous les sens, jamais alignées bien sagement, et c’est justement ce qui rend l’ensemble vivant plutôt que costumé. Détail qui change tout : les poignets laissent dépasser une maille bleu marine côtelée, un contraste discret qui casse la chaleur monochrome du reste.
Long, ample, à porter comme un cocon
La coupe est oversize, longue jusqu’au mollet, épaules tombantes et fermeture par bouton sur le devant. Il y a des poches sur les côtés et une ceinture assortie pour marquer un peu la taille si l’envie prend, mais honnêtement l’Alice se porte surtout ouvert, en laissant le tissu bouger. Rejina Pyo conseille de l’associer à de la maille, et c’est le bon réflexe : un gros pull, un pantalon large et noir comme sur l’image, des bottines pointues, et la silhouette tient toute seule. Par contre, avec un motif pareil, mieux vaut garder le reste sobre. Le tigré fait le travail, pas la peine d’en rajouter.
Rejina Pyo, la sobriété qui ose
La créatrice coréenne installée à Londres s’est fait un nom avec des vêtements nets, un peu architecturaux, jamais tape-à-l’oeil pour rien. Alors la voir sortir un imprimé animalier a quelque chose d’amusant, parce qu’elle le traite exactement comme elle traiterait un uni : avec sérieux, sans clin d’oeil appuyé. Le résultat, c’est un manteau qui fait de l’effet sans jamais donner l’impression d’en faire trop. Pour un vestiaire d’automne, voilà une jolie manière de sortir des camel et des gris sans tomber dans le déguisement. Reste le prix, qui vise le coup de coeur assumé bien plus que l’achat malin. Mais pour une pièce qu’on va ressortir chaque hiver pendant dix ans, le calcul se défend.
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Crédit photo : Rejina Pyo

