La Mary Jane revient chaque automne, mais celle de Carel n’a jamais vraiment quitté le devant de la scène. La Kina, en cuir verni noir, joue la carte de l’escarpin sage qui tient sur le pied sans qu’on y pense. Trois brides, un petit talon, une allure qui va aussi bien avec un jean qu’avec une jupe plissée. À 445 euros, on est sur une pièce qu’on garde des années plutôt que sur un coup de tête de saison.
Le cuir verni et le talon de 4 centimètres
Le modèle mise sur un cuir verni bien brillant, souple, qui épouse le coup de pied dès les premiers pas. Le talon carré de 4 centimètres reste bas, assez pour rehausser la silhouette sans transformer la journée en épreuve. Ce sont surtout les trois brides réglables qui font le travail : elles suivent la cambrure et s’ajustent à chaque forme de pied. Résultat, la chaussure ne baille pas et ne glisse pas au talon, le défaut classique de la ballerine à bride. Fabrication italienne, finitions nettes, le genre de détail qui se voit à l’usage plus qu’en photo.
Avec quoi la porter
La Kina noire, c’est l’accessoire caméléon. Sur un jean droit un peu court, elle ramène une touche habillée sans en faire trop. Avec une jupe midi plissée et des chaussettes fines, elle prend un air un peu rétro années 60 qui colle très bien à la saison. Pour le bureau, elle passe sous un pantalon de tailleur sans forcer. Et le soir, le verni noir suffit à donner le change. Petit conseil quand même : le cuir verni marque vite les plis, alors on garde un chiffon doux pour le lustrer entre deux sorties.
Carel, une maison parisienne qui dure
Carel, c’est une histoire qui commence en 1952, quand Georges et Rosa Carel se lancent dans la chaussure féminine à Paris. La marque a bâti sa réputation sur ces Mary Janes à brides, devenues sa signature au fil des décennies. La Kina puise d’ailleurs dans les premières archives de la maison, d’où ce côté un peu vintage assumé. Angèle, Alexa Chung ou Emily Ratajkowski l’ont adoptée, ce qui explique en partie son retour régulier sur les réseaux. Rien de surprenant : une chaussure qui traverse les modes sans se démoder, ça se remarque vite.
Bref, la Kina ne réinvente rien, et c’est justement sa force. Un basique bien fait, confortable, qui s’accorde avec presque tout ce qu’on a déjà dans le dressing. À 445 euros, le ticket d’entrée n’est pas donné, mais on parle d’une pièce pensée pour rester.
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Crédit photo : Carel

