Il y a des chaussures qu’on ressort chaque automne sans jamais s’en lasser, et les bottes hautes en font partie. La Denvee d’Isabel Marant coche toutes les cases de la santiag chic : une tige qui monte jusqu’au genou, un cuir de veau velours dans un taupe grège qui va avec tout, et cette silhouette légèrement western qui donne du caractère sans tomber dans le déguisement. À 790 euros, on est clairement sur la pièce qu’on garde plusieurs saisons.
Le détail qui change tout : la coupe
Ce qui frappe d’abord, c’est le bout pointu. Il affine le pied et prolonge la ligne de la jambe, un effet toujours flatteur. Le talon cubain lamellé de 4 centimètres reste raisonnable, assez haut pour redresser la posture mais assez bas pour tenir une journée entière sans grimacer. La tige joue la carte des empiècements arrondis, ce petit clin d’œil aux bottes de cavalier américaines qui fait toute la personnalité du modèle.
Le velours du cuir, lui, apporte une texture mate et douce qui rattrape le côté un peu brut de la forme. C’est ce contraste qui rend la Denvee facile à porter, même pour celles que les santiags intimident d’habitude. Doublure en cuir, semelles intérieure et extérieure en cuir aussi : on est sur une fabrication soignée, pas sur un accessoire jetable.
Comment la porter sans se déguiser
Le taupe est une couleur caméléon. Avec un jean brut rentré dedans, la botte fait presque tout le travail et vous laisse tranquille sur le reste. Avec une robe fluide mi-longue, imprimée ou unie, elle vient casser le côté sage et donne cette allure un peu bohème chic qui est la signature d’Isabel Marant depuis toujours.
Pour l’entre-saison, je la vois bien sous une jupe en cuir et un gros pull en maille, la tige haute prenant le relais des collants encore un peu superflus en septembre. Et quand le froid s’installe, elle passe sans souci sous un manteau long. Peu de chaussures se rendent aussi utiles.
L’esprit Isabel Marant, toujours là
Difficile de parler botte western parisienne sans citer la maison. Isabel Marant a largement contribué à installer ce style dans les dressings français, loin de son folklore d’origine, et la Denvee en est une version aboutie : désirable, pas ostentatoire, pensée pour durer. Le genre de pièce qu’on hésite à s’offrir sur le moment, et qu’on finit par porter trois fois par semaine.
Reste le prix, qui reste un vrai investissement. Mais entre une paire qu’on jette au printemps et une botte qui traverse les années, le calcul se fait vite. Pour l’automne qui arrive, c’est plutôt tout choisi.
^^
Crédit photo : Isabel Marant

