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Le double boutonnage reprend la coupe masculine : le manteau Nara de Sessùn

Manteau Nara de Sessùn en drap de laine brun teck, coupe droite longue à double boutonnage, porté sur maille foncée et bottines noires

Crédit photo : Sessùn

Il y a des manteaux qu’on achète pour une saison et d’autres qu’on garde dix ans. Le Nara de Sessùn appartient clairement à la seconde famille. Coupe droite, longueur qui descend sous le genou, double boutonnage emprunté au vestiaire masculin : la maison marseillaise signe là une pièce de fond de garde-robe, sortie dans sa collection Automne-Hiver 2026. Le coloris s’appelle Teck, un brun profond qui tire vers le café torréfié, loin du camel vu partout. À 445 euros, on est sur l’investissement raisonné plutôt que sur l’achat d’impulsion.

Du drap de laine qui a de la tenue

La vraie info est dans la matière. Le Nara est taillé dans un drap de laine sergé, ce tissage un peu serré qui donne au manteau sa structure et sa chute nette. Rien ne flotte, rien ne s’affaisse : les épaules sont marquées, la ligne tombe droit, et le dos reste impeccable même après une journée entière. C’est ce genre de laine dense qui tient chaud sans multiplier les couches, et qui vieillit bien à condition de respecter le nettoyage à sec.

Le double boutonnage, lui, n’est pas qu’un détail de style. Il ferme mieux contre le vent et crée ce léger croisé sur le buste qui structure la silhouette. Sessùn a gardé les boutons ton sur ton, discrets, pour ne pas casser la sobriété de l’ensemble.

Masculin dans la coupe, féminin dans le port

Toute l’idée du Nara tient dans ce contraste. La coupe vient du manteau d’homme, un peu oversize aux épaules, assez ample pour passer un gros pull en dessous. Mais porté ouvert sur une maille foncée et une jupe longue, comme sur la photo de la marque, il garde une vraie élégance féminine. On peut aussi le fermer et le ceinturer à la taille pour resserrer la ligne, le drap s’y prête sans faire de plis disgracieux.

Côté chaussures, la bottine noire à petit talon fonctionne bien sûr, mais le Nara encaisse aussi bien une basket blanche en semaine qu’un escarpin le soir. C’est là son intérêt : un seul manteau pour trois usages, ce qui justifie largement son prix sur la durée.

Un brun qui change du beige

Le pari du coloris Teck est plutôt malin. Le camel et le gris anthracite saturent les vitrines depuis des années, alors ce brun chaud fait respirer une garde-robe d’hiver. Il se marie avec le bordeaux, le kaki, le crème, et même avec un jean brut pour les jours sans enjeu.

Bref, le Nara coche les cases d’un bon manteau d’hiver : matière sérieuse, coupe droite qui traverse les modes, couleur qui sort du lot. Reste à voir s’il tient ses promesses sur plusieurs saisons, mais Sessùn a rarement déçu sur ce terrain-là.

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Crédit photo : Sessùn

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