Cecilie Bahnsen a bâti sa réputation sur des robes à volants qui frôlent la couture. La créatrice danoise applique aujourd’hui la même grammaire à une chaussure plate, et le résultat porte un nom court : Bess. Une Mary Jane, oui, mais revue avec ses codes à elle, à 245 euros.

Une Mary Jane qui joue la carte du néoprène

L’idée de départ tient en un détour de matière. Là où la Mary Jane classique mise sur le cuir verni et la sagesse d’écolière, la Bess est taillée dans du néoprène, ce tissu technique qu’on associe plutôt aux combinaisons de plongée. Résultat, une chaussure souple, mate, qui gomme le côté trop appliqué du modèle d’origine. La version brune réchauffe l’ensemble et se marie facilement avec les bruns et les beiges qui dominent la saison.

Le bout est l’autre point de bascule. Il n’est pas simplement cousu : une pièce de cuir remonte de la semelle et vient sculpter l’avant du pied, ce qui donne à la chaussure une allure un peu graphique, presque architecturale. C’est discret sur la photo, franchement plus visible quand on la voit bouger.

La fleur, la bride, le petit cordon

Reste la signature maison. Sur la bride, une grappe de petites fleurs appliquées vient casser la rigueur du modèle, exactement comme les fleurs qu’on retrouve sur ses robes. La marque ajoute aussi un cordon de serrage à nouer sur le cou-de-pied, un détail qu’on n’attend pas sur une Mary Jane et qui donne un petit air décontracté à une chaussure qui, sinon, resterait très sage.

C’est là que se joue tout le charme de la Bess : une nostalgie de cour de récréation, mais dévoyée. On est loin du modèle bien élevé qu’on nous mettait aux pieds pour les grandes occasions. Ici, les fleurs et le cordon suffisent à faire basculer la chaussure du côté de l’adulte qui s’amuse.

Comment la porter sans se tromper

Une plate de ce genre a l’avantage de tout accepter. Avec une chaussette fine glissée dedans, elle s’accorde à une jupe mi-longue ou à une robe fluide, dans l’esprit de la marque. Avec un jean brut un peu court et une maille ample, elle casse le sérieux d’un vestiaire d’automne. Le brun, franchement, se pose partout.

À 245 euros, on reste sur du placement de créatrice, mais loin des tarifs des robes de la maison. Pour qui aime les pièces à la fois sages et un peu farfelues, la Bess coche pas mal de cases. Et puis une Mary Jane en néoprène avec une fleur cousue sur le dessus, on n’en croise pas tous les jours.

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Crédit photo : Cecilie Bahnsen

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