Il y a des chaussures qui annoncent la rentrée mieux que n’importe quel agenda. La Sofie d’Aeyde en fait partie : une bottine en cuir noir, bout effilé, petit talon virgule, silhouette nette qui referme la parenthèse des sandales sans basculer tout de suite dans l’hiver. On la sort en fin d’août, on la garde jusqu’aux premières gelées. Comptez 495 euros, un tarif qui la place du côté du soulier qu’on achète une fois pour dix saisons.
Un cuir souple et une ligne acérée
Tout se joue dans le dessin. Le bout est pointu sans être agressif, la tige monte pile à la cheville, et le talon kitten, ce petit talon bobine hérité des années 60, relève la jambe de quelques centimètres sans jamais gêner la marche. Le cuir est un nappa souple, façonné en Italie, du genre à se patiner joliment plutôt qu’à se craqueler. Le noir mat capte peu la lumière, ce qui accentue la finesse de la forme au lieu de la noyer sous les reflets.
Aeyde fabrique en petites séries dans des ateliers de la Marche et de la Vénétie, deux régions italiennes où le savoir-faire chaussure ne se raconte pas, il se voit. Sur la Sofie, ça se traduit par des coutures propres, une doublure nette et une semelle fine qui ne casse pas la ligne. Rien de tape-à-l’œil, et c’est bien là tout l’intérêt.
Comment la porter à la rentrée
La bottine à bout pointu et petit talon a un défaut rare : elle va à peu près avec tout. Un jean droit un peu court laisse voir la cheville et met la forme en valeur, c’est probablement la combinaison la plus facile. Une jupe midi plissée, façon vestiaire de bureau, gagne d’un coup en tenue. Et pour celles qui aiment jouer la carte un brin rétro, un pantalon droit rentré à moitié dans la tige fonctionne très bien aussi.
Le talon bas change tout à l’usage. On peut la porter du matin au soir sans finir la journée en grimaçant, ce qui reste le nerf de la guerre pour une chaussure de rentrée. Pas de plateforme, pas de fioritures, juste une paire qu’on enfile sans y penser et qui tient la route.
Un basique qui n’en a pas l’air
Sous ses airs sages, la Sofie coche la case du soulier durable, celui qu’on ressort chaque automne sans se lasser. Le noir, le cuir italien, la forme intemporelle : voilà le genre d’investissement qui vieillit mieux qu’une tendance. Aeyde a bâti sa réputation là-dessus, sur des modèles qu’on garde. Cette bottine ne déroge pas à la règle.
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Crédit photo : Aeyde

