La santiag revient chaque automne, et à chaque fois on se demande sous quelle forme. Cette année, Ganni tranche : un cuir bordeaux profond, presque vernissé, qui capte la lumière comme une châtaigne fraîchement ouverte. La Mid Shaft Embroidered joue la carte du western sans le déguisement, avec juste ce qu’il faut de broderies pour rappeler d’où vient cette botte. À 625 euros, on est sur une pièce qui se garde plusieurs saisons.
Un cuir qui joue sur les reflets
Ce qui frappe d’abord, c’est la couleur. Pas un bordeaux plat, mais un ton qui vire au brun sur les bords et retrouve son rouge sombre en pleine lumière. La broderie ton sur ton court sur toute la tige, dessine des arabesques classiques de santiag et se prolonge jusqu’au bout pointu. On reste dans le vocabulaire western, sauf que Ganni le passe au filtre scandinave : rien de folklorique, tout est net.
Le bout est franchement pointu, le talon bas et légèrement incliné, façon cubain modéré. Les pull tabs de chaque côté servent à l’enfilage et ajoutent ce petit détail utilitaire qu’on aime bien sur ce genre de modèle. La hauteur mi-mollet est le bon compromis : plus couvrante qu’une simple bottine, moins engageante qu’une cuissarde, elle s’arrête pile là où une jupe midi prend le relais.
Comment la porter sans jouer au cow-boy
Le piège, avec une santiag, c’est de tout accorder au far west. Là, le bordeaux fait justement le travail inverse : il ramène la botte côté ville. En dessous d’un jean brut un peu court, elle apporte du relief à une tenue toute simple. Avec une robe fluide bordeaux ou noire, elle donne une allure un peu rock sans forcer.
Pour l’automne, on l’imagine bien avec un pull en maille épaisse et une jupe droite, le genre de silhouette qui marche du matin au soir. Le cuir brillant se suffit à lui-même, inutile d’empiler les accessoires. Une santiag comme celle-ci, c’est déjà une déclaration en soi.
Ganni, le western version Copenhague
Ganni a lancé sa première santiag en 2015, et depuis, c’est devenu une signature de la maison danoise dirigée par Ditte Reffstrup. La marque a construit sa réputation sur cette façon de récupérer des codes très marqués pour les rendre portables au quotidien. La collection automne-hiver s’inspirait cette année des hivers rudes de Hirtshals, ville natale de la directrice artistique, et ce bordeaux dense colle plutôt bien à l’ambiance.
À 625 euros, la Mid Shaft Embroidered n’est pas un achat impulsif. Mais entre la couleur et la broderie, c’est le genre de botte qu’on ressort chaque année sans jamais s’en lasser. Pour un automne, on a vu pire investissement.
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Crédit photo : Ganni

