Il y a des chaussures qui font tout le travail à votre place. La ballerine Jenny de Ganni, dans sa version résille rouge, fait partie de celles-là. Une pièce à 425 euros qui attrape le regard sans forcer, posée entre la sandale d’été qu’on range et la bottine d’automne qu’on n’a pas encore envie de sortir. Le genre de transition qu’on repousse un peu, justement parce que des modèles comme celui-ci existent.

Une résille qui change tout

La grande idée, c’est cette maille ajourée qui laisse respirer le pied et donne à la chaussure une légèreté qu’un cuir plein n’aura jamais. On voit à travers, la peau apparaît par petites touches, et ce détail suffit à transformer une ballerine sage en quelque chose de plus vivant. Le bout est carré, dans l’air du temps, loin de l’amande pointue qu’on voyait partout ces dernières saisons.

Sur l’avant, une fleur au crochet vient signer la pièce, avec le logo Ganni glissé au cœur du motif. C’est fait main, un peu irrégulier, et c’est tant mieux : ça casse le côté trop lisse et rappelle qu’une chaussure peut avoir du caractère sans en faire des tonnes.

Le rouge, mais comment le porter

Le rouge fait peur à beaucoup de monde, et on comprend pourquoi. Sauf qu’ici il est traité comme un accessoire coup de poing plutôt que comme une couleur envahissante. Posé au bout d’une jambe nue, il réveille un jean brut ou un pantalon noir tout bête. Avec une robe fleurie de fin d’été, il crée un rappel qui donne l’impression d’avoir réfléchi à sa tenue, même quand on s’est habillée en trois minutes.

Pour l’automne qui arrive, la résille se marie très bien avec une chaussette fine, blanche ou noire, façon petite fille modèle revisitée. On garde alors la fraîcheur de la ballerine tout en gagnant quelques degrés. C’est bête, mais ça fonctionne, et ça prolonge la pièce bien au-delà des beaux jours.

Ganni, la marque qui ne se prend pas au sérieux

Difficile de parler de cette Jenny sans dire un mot de la maison qui la fabrique. Ganni, c’est Copenhague, une énergie un peu punk et un rapport à la mode joyeux, où l’on assume la couleur, le motif et la note qui dépasse. La marque danoise s’est fait une place en habillant des filles qui n’ont pas envie de choisir entre le confort et l’allure.

Cette ballerine résume plutôt bien l’esprit : plate, facile à vivre, mais jamais fade. On la met le matin sans réfléchir et on la garde toute la journée. À 425 euros, ce n’est pas un achat qu’on fait sans y penser, mais pour une pièce qu’on portera de septembre aux premiers froids, le calcul se tient.

^^

Crédit photo : Ganni

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