Il y a des chaussures qui font tout le travail à votre place. Vous enfilez un jean brut, un pull fin, et soudain la silhouette tient debout toute seule. Les bottes Elita d’Isabel Marant appartiennent à cette famille. Un daim brun profond, une tige haute qui grimpe sous le genou, un revers replié en haut de jambe orné d’un galon tressé et de deux petits pompons de cuir. On est chez Marant, ce mélange de folk et de sophistication parisienne qui a fini par devenir une signature. Comptez 890 euros.
Une matière et une ligne qui font le style
Le daim ici n’est pas un détail, c’est tout le sujet. Ce cuir de veau velours donne à la botte une texture mate, dense, qui accroche la lumière autrement qu’un cuir lisse. La teinte chocolat aide beaucoup : moins tranchante qu’un noir, plus habillée qu’un camel, elle se marie avec à peu près tout ce que compte une garde-robe d’automne. La tige reste souple et se porte volontairement un peu lâche autour du mollet, avec ce revers tressé et ses pompons ton sur ton qui rappellent l’ADN bohème de la maison.
Sous le pied, le bout en amande allonge la jambe et le talon conique en cuir lamellé, culminant à 5,5 cm, fait le reste. C’est cette forme de cône, un peu rétro, qui rend les chaussures Isabel Marant reconnaissables au premier coup d’œil. Semelle intérieure, doublure et semelle extérieure sont en cuir, du travail de bottier classique.
Comment les porter sans en faire trop
La hauteur sous le genou appelle des pièces qui s’arrêtent net au bon endroit. Une jupe midi fluide qui laisse voir un éclat de daim, une robe courte avec des collants opaques les soirs plus frais, ou le grand classique : un jean droit rentré dedans, un trench et basta. Le pompon fait déjà l’accessoire, inutile d’empiler les bijoux par-dessus. Le brun chocolat s’entend bien avec le crème, le kaki, le bordeaux, tous ces tons un peu terreux qui reviennent chaque arrière-saison.
Le prix de la pièce statement
890 euros, ce n’est pas rien, et il faut être honnête sur ce qu’on achète : une paire de bottes très marquée, très reconnaissable, qu’on ne renouvelle pas chaque saison. C’est justement l’idée. Le daim demande un minimum de soin, un spray imperméabilisant avant la première sortie et on évite les jours de pluie battante. En échange, on tient une pièce qui traverse les hivers sans se démoder, parce que Marant fabrique depuis des années ce même vocabulaire de talon conique et de franges. Pour un investissement chaussure, c’est plutôt rassurant.
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Crédit photo : Isabel Marant

